"Augmentez les Salaires !" : En France, 300 000 Personnes Ont Manifesté pour le Pouvoir D'Achat

"Augmentez les Salaires !" : En France, 300 000 Personnes Ont Manifesté pour le Pouvoir D'Achat
16px
32px

300 000 personnes, principalement du secteur public, ont manifesté en France mardi 29 septembre, selon la CGT. Ils étaient 30 000 manifestants dans la capitale, dont 8 000 pompiers. Mots d'ordre de cette mobilisation : une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des "moyens budgétaires à la hauteur" des missions des services publics.

"Augmentez les salaires !", "Blocage des prix", "Des hôpitaux aux assos, mêmes attaques, mêmes combats !", pouvait-on lire sur des pancartes dans la manifestation parisienne, partie vers 14 h de la place de la République aux cris de "Des moyens, des moyens, sinon ça sert à rien" ou "Le travail c'est la santé, mais mon dos il est cassé".

La mobilisation a été suivie dans plusieurs grandes villes : 

  • À Marseille, 30 000 personnes ont défilé selon la CGT, 3 800 selon la préfecture
  • À Toulouse, 11 000 personnes ont défilé selon la CGT, 6 800 selon la préfecture
  • À Lyon, 6 000 personnes ont défilé selon les autorités.

"On Joue La Survie Des Services Publics"

Remontés contre la décision du gouvernement de geler à nouveau le point d'indice des fonctionnaires dans son projet de budget 2027, la CGT, FO, la CFDT, l'UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP ont appelé à la grève et organisé plus de 170 manifestations à travers le pays.

À lire aussiPourquoi le budget 2027 de Sébastien Lecornu ressemble à une partie de poker menteur

Près de 10 % d'agents de la fonction publique d'État étaient en grève à la mi-journée (9,64 %), 5,68 % de ceux de la fonction publique territoriale et 4,5 % de ceux de la fonction publique hospitalière, selon le ministère de l'Action et des Comptes publics. 13,71% des enseignants faisaient grève, selon le ministère de l'Éducation nationale.

"Qui était au front cet été pour sauver des vies ? Les pompiers, les soignants, les fonctionnaires. Aujourd'hui nous attendons un geste clair", a déclaré la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Elle a lancé un "avertissement" au gouvernement, deux jours avant la présentation du budget : "Pas question qu'ils fassent encore une fois les poches aux travailleurs, aux retraités".

"On joue la survie des services publics", a renchéri Marylise Léon, numéro un de la CFDT.

Les syndicats dénoncent l'érosion du niveau de vie des fonctionnaires, grignoté par l'inflation et l'absence de revalorisation depuis 2023 du point d'indice, qui sert à calculer le traitement brut des fonctionnaires.

Les Pompiers Reçus Par Laurent Nuñez

À Paris, les pompiers, mis à rude épreuve cet été lors d'incendies historiques, ont défilé depuis la place d'Italie au milieu des pétards, sirènes et fumigènes pour demander "Des moyens, pas des miracles", selon leur banderole intersyndicale. Ils ont ensuite rejoint le cortège principal, qui s'est dispersé sans incident notable place de la Nation.

Reçus en milieu d'après-midi par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, les représentants de l'intersyndicale des pompiers ont reconnu à la sortie des "signaux positifs" envoyés par le ministre, sans plus de précision. "On est venu dénoncer l'état catastrophique de la sécurité civile", a expliqué leur porte-parole, Xavier Boy.

Lycées Bloqués

La journée de mardi a aussi été marquée par la poursuite de blocages de lycées. Ce mouvement lycéen, né la semaine précédente dans des lycées de la banlieue parisienne, demande "une augmentation des moyens [...] pour avoir des conditions d'apprentissage décentes", a fait valoir l'Union syndicale lycéenne (USL) dans un communiqué. Devant leurs établissements, les lycéens dénoncent la vétusté des bâtiments, le non-remplacement des profs qui interrompt leur apprentissage, ou encore les classes surchargées.

À lire aussi"On demande le bac, ça nous ramène la BAC" : à Saint-Denis, la colère des lycéens

Le ministère de l'Education a recensé 338 établissements bloqués. Le mouvement s'est étendu à des établissements d'enseignement supérieur, qui dénoncent également le "manque de moyens" à l'université.

Des dégradations et des violences ont été constatées dans des lycées dans le Nord, dans les Hauts-de-Seine, en Essonne et en Seine-Saint-Denis. "Au moins 10 personnels" ont été blessés dans des heurts, selon le ministère de l'Éducation nationale. 

Les forces de l'ordre ont interpellé 440 personnes, principalement des mineurs, selon le ministre de l'Intérieur, et ont fait usage de gaz lacrymogène devant plusieurs lycées.