Espagne : Des Milliers de Manifestants à Madrid pour Soutenir une Octogénaire Expulsée de Chez Elle
L'occupation d'une place du centre de Madrid s'étend dimanche 27 septembre, selon les médias espagnols, après une manifestation au cours de laquelle des milliers de personnes ont dénoncé l'expulsion d'une femme de 87 ans du logement où elle habitait depuis toujours.
Les images de Maricarmen Abascal évacuée sur une civière de son appartement madrilène mercredi, après que la police a forcé sa porte, ont remis la crise du logement en Espagne sur le devant de la scène, à l'approche des élections législatives prévues en 2027.
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Des milliers de personnes ont défilé samedi à Madrid pour protester et réclamer une meilleure protection pour les locataires.
Une fois la manifestation terminée, un campement a été installé "spontanément" sur la Puerta del Sol - la place centrale d'où était partie le mouvement -, a indiqué le syndicat des locataires espagnols dans un communiqué appelant la population à s'y réunir.
"Nous n'en pouvons plus. Soit le système de location s'effondre, soit le gouvernement tombe", a-t-il ajouté sur X.
Dans la nuit, le campement s'est étendu et des dizaines de tentes ont été installées, selon les médias espagnols.
"J'ai l'impression que les gens ne vont pas bouger tant que quelque chose n'aura pas changé une bonne fois pour toutes et pour toujours", a témoigné auprès de l'AFPTV Maria Juarez, psychologue de 47 ans.
"J'espère que ce qui est arrivé à Maricarmen marquera un tournant dans cette affaire, dans ce grave problème qu'est le logement. Si cela peut marquer un tournant, je suis pour ma part prêt à rester ici toute la nuit, s'il le faut", a abondé Ricardo Lopez, employé d'une droguerie âgé de 40 ans.
Les autorités ont estimé à environ 25 000 personnes la participation à la manifestation en journée, tandis que les organisateurs ont avancé le chiffre de 300 000.
"Vous pourriez être la prochaine Maricarmen", pouvait-on lire sur l'une des banderoles. Maricarmen Abascal, devenue un symbole de la crise du logement en Espagne, a exhorté les Espagnols à se joindre au combat dans un message vidéo publié en ligne quelques heures avant la manifestation.
"Décret Maricarmen"
"Ce qui m'est arrivé ne doit plus arriver à d'autres", a déclaré Maricarmen Abascal depuis l'hôpital où elle est soignée pour épuisement depuis son expulsion.
"Cela doit encourager les gens à se battre et à contribuer à changer les lois qui ont permis mon expulsion", a-t-elle ajouté.
L'octogénaire a été contrainte de quitter l'appartement où elle vivait depuis 70 ans après qu'une société immobilière a racheté le bien et augmenté le loyer de 275 %, le portant à 2 650 euros, selon le syndicat.
Pour Enrique Ortega de Miguel, graphiste de 38 ans vivant chez sa mère, le marché du logement en Espagne est "impossible". "C'est un combat pour trouver un logement abordable, et ensuite on vit dans la peur d'être expulsé", a-t-il dit à l'AFP lors de la manifestation.
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Irene Lopez, ingénieure de 33 ans, a estimé que la situation était "devenue insoutenable". "Il y a des gens qui n'ont pas les moyens de vivre en ville : les loyers sont déconnectés des salaires", a-t-elle expliqué à l'AFP, qualifiant l'expulsion de Maricarmen de "goutte d'eau qui fait déborder le vase".
Pour Maricarmen Arnedo, retraitée de 76 ans, si les personnes âgées sont contraintes de quitter leur domicile, "les jeunes, eux, ne peuvent pas quitter le foyer de leurs parents". "Nous voulons que le prix des logements et les loyers baissent, car j'en ai assez de laver les caleçons de mon fils de 53 ans", dit-elle.
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, qui s'était engagé à faire du logement une priorité gouvernementale, subit une pression croissante pour agir, alors que des manifestations régulières ont lieu dans toute l'Espagne.
Lors du prochain conseil des ministres, son gouvernement devrait approuver un train de mesures surnommé le "décret Maricarmen", qui prévoit le renouvellement automatique des contrats de location et un renforcement des restrictions sur les expulsions.
Toutefois, il n'est pas certain que ces mesures soient adoptées par le Parlement, où le gouvernement de Pedro Sánchez ne dispose pas de la majorité.
Un projet de loi similaire avait été rejeté plus tôt cette année, bien que le cas de Maricarmen Abascal ait accru la pression sur les partis politiques pour qu'ils agissent.
Avec AFP