Navanethem Pillay, Prix Nobel de la Paix : La Notion de "Génocide" au Coeur des Réactions

Navanethem Pillay, Prix Nobel de la Paix : La Notion de "Génocide" au Coeur des Réactions
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Le prix Nobel de la paix a été annoncé vendredi à l'Institut Nobel à Oslo. Cette année, il a été attribué à Navanethem Pillay, dite "Navi Pillay". Navi Pillay a notamment présidé la commission d'enquête indépendante de l'ONU qui a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza.

Cette avocate sud-africaine, ancienne militante contre la politique d'apartheid, s'est illustrée dans la lutte pour les droits humains et contre l'impunité des perpétrateurs de crimes contre l'humanité et de génocide.

L'intéressée n'a pas tardé à réagir, non sans humour : "Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump", en référence à la campagne incessante menée par le président américain pour obtenir le prix.

Ce trait d'esprit a été capté par la secrétaire générale d'Amnesty International, qui a posté la vidéo sur X.

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Les deux femmes se trouvaient ensemble au Tribunal militaire de Nuremberg au moment de l'annonce. 

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Dans sa déclaration prise sur le vif, elle a notamment déclaré, à propos de son travail sur Gaza : "Pourquoi faudrait-il du courage pour dire la vérité ? Vous interprétez la loi, vous observez les faits, pour rendre une décision impartiale".

Réactions Politiques

Israël a immédiatement réagi en accusant la lauréate de légitimer "la haine anti-Israël". 

Sollicité par l'AFP, le président du comité Nobel norvégien a refusé de se prononcer sur la question de savoir si Israël commet un génocide à Gaza.

"Nous ne sommes pas un tribunal. Il s'agit de son rapport, du rapport de la commission, et nous avons bien sûr une grande confiance dans son professionnalisme et son intégrité", a déclaré Jørgen Watne Frydnes. "Mais ce travail est celui d'une commission d'enquête de l'ONU. Il appartiendra à la Cour internationale de justice (CIJ) de trancher en dernier ressort", a-t-il ajouté.

Dans ses attendus, le comité Nobel mentionne les travaux de Mme Pillay en lien avec les génocides au Rwanda et les soupçons de génocide en Birmanie, mais ne mentionne pas spécifiquement Gaza.

"Le comité Nobel n'est pas un tribunal", a insisté M. Frydnes.

Réactions Politiques Immédiates

"Un même fil conducteur relie ses premières années, lorsqu'elle défendait ‌Nelson Mandela et d'autres personnes qui se ⁠sont dressées contre l’apartheid, à ses fonctions de juge dans certaines des grandes affaires ​judiciaires internationales de notre époque", a ‌déclaré le comité. 

Après avoir présidé le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de 1999 à 2002, elle est nommée en 2003 juge à la Cour pénale internationale (CPI) nouvellement créée. Elle a ensuite exercé comme Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme entre 2008 et 2014.

Une Justice Internationale "Attaquée" Selon Le Comité

Le Comité a déclaré que la justice internationale était "attaquée". Chaque année, le prix Nobel de la paix récompense "la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix".

Cette année, 287 personnes et organisations ont été soumises au jury de cette prestigieuse récompense.

En 2025, le prix avait été attribué à l'opposante vénézuelienne Maria Corina Machado.

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Avec AFP